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Capsule # 0-S - Cap-Santé  -  par claudematte|ALL

Cap-Santé

Cap-Santé est une ville du Québec (Canada), le chef-lieu de la MRC de Portneuf, dans la région de la Capitale-Nationale. Elle fait partie de l'Association des plus beaux villages du Québec, avec une superficie de 55 km carré. Cette localité qui surplombe le Saint-Laurent sur la rive nord, est située sur le Chemin du Roy entre Québec et Trois-Rivières, à une quarantaine de kilomètres de Québec.

Le nom de Cap-Santé est apparu pour la première fois en 1679, dans le nom de la paroisse de La Sainte-Famille-du-Cap-Santé. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ce nom inhabituel. Il semble, selon la Commission de toponymie du Québec, qu'il faille associer ce nom à l'ancien français santeif ou santif, ce qui se traduirait donc par cap sain. En fait, c'est Cap de la sente. Sente qui, en vieux français, signifie un chemin de traverse. Le chenail naturel du fleuve St-Laurent traverse du sud au nord à la hauteur de Cap-Santé. Les bateaux qui remontaient le fleuve devaient donc traverser du sud au nord par cette sente.

Celle-ci devint par la suite la municipalité de la paroisse de Sainte-Famille (1855), puis la municipalité de Cap-Santé (1979) et enfin la ville de Cap-Santé (2000).

L'église actuelle a été construite entre les années 1754-1773. Les travaux ont toutefois été interrompus pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763). C'est une des dernières églises érigées sous le régime français. L'église révèle une architecture unique avec sa façade monumentale ornée de trois niches et ses deux tours surmontées de clochers, une décoration intérieure réalisée entre 1859 et 1861 par le sculpteur Raphaël Giroux et le maître-plâtrier François Blouin et un retable de forme trapézoïdale. Elle abrite de plus des tableaux d'Antoine Plamondon et de Joseph Légaré. Cette église a été classée monument historique en 1986 par le ministère des Affaires culturelles du Québec.

Le presbytère, bâti en 1849 d'après les plans de l'architecte Charles Baillargé avec ses fenêtres dormantes, est également imposant. Un cimetière entoure le paysage qui s'étend vers le bas jusqu'au fleuve Saint-Laurent.

En 1759, lors de la guerre de Sept ans, le chevalier de Lévis fait construire à cet endroit le fort Jacques-Cartier et c’est depuis ce fort qu’en 1760, Lévis tentera de reprendre Québec. Aujourd’hui, il ne reste plus grand-chose de ce fort.

La ville de Cap-Santé a accueilli deux personnes célèbres de l’histoire du Québec: Madame Marie Fitzbach, la fondatrice de la Congrégation des Sœurs du Bon Pasteur vécut à Cap-Santé au XIXe siècle, ainsi que Monsieur Gérard Morisset, architecte et historien d’art

Cap-Santé sera le premier coin de la région à être colonisée par les Matte. En remontant le sentier (actuellement la 365) et franchissant la Rivière Jacques Cartier au niveau du Gué (aujourd’hui pont Déry), ils déchiffreront les terres du rang appelé maintenant Bois de L’Ail, surnommé au début du 18e siècle, le rang des Matte.

Brève Histoire de Cap-Santé

Le territoire de Cap-Santé, tel qu’on le connait actuellement, est en fait constitué de plusieurs seigneuries concédées aux 17e et 18e siècles. La plus importante partie de son territoire faisait essentiellement partie de la seigneurie de Portneuf, alors que les terres du Grand Bois de l’Ail étaient rattachées à la seigneurie Bélair des Écureuils. Par ailleurs, une grande partie des seigneuries d’Auteuil et du Bourg-Louis est comprise dans ses limites.

L’histoire de la municipalité de Cap-Santé est donc intrinsèquement liée à celle de la seigneurie de Portneuf à laquelle elle est rattachée depuis l’octroi de cette dernière à Jacques Leneuf de la Poterie en 1636 (officialisé en 1647). Comme nous l’avons vu dans la synthèse historique de Portneuf, le domaine seigneurial est installé en bordure de la rive est de la rivière Portneuf et les établissements dans cette portion ne sont définitivement amorcés qu’entre la fin des années 1660 et le début des années 1670. Les premiers résidents de l’est de la seigneurie élisent domicile à proximité de l’anse de Cap-Santé à partir des années 1670-1680. Robert Germain et Mathurin Morisset font partie de ces premiers colons.

En 1679, les registres de la future paroisse de la SainteFamille-du-Cap-Santé sont ouverts avec le baptême de Pierre Catalan célébré dans la chapelle du domaine seigneurial. Cette naissance est la première à être enregistrée sur le territoire de la seigneurie de Portneuf. Entre 1680 et 1709, l’est de la seigneurie se développe plus rapidement que l’ouest et le secteur du domaine seigneurial. Puisque les habitants sont plus nombreux dans l’est, une nouvelle chapelle-presbytère est édifiée à proximité de la plus grande concentration humaine, sur un terrain donné par Louis Motard, dans la côte du Cap-Santé ou du Cap-de-la-Sainte-Famille. CharlesJeanBaptiste Rageot-Morin, le premier missionnaire résident, y emménage. Le cimetière qui la jouxte accueille une première sépulture en 1711.Vers 1712, le seigneur Jean-Baptiste Toupin Du Sault, le seigneur des Écureuils, fait construire un moulin à farine dans le bas du Grand Bois de l’Ail qui ait lors partie de sa seigneurie. C’est notamment au cours de cette période que cette portion de territoire commence à être mise en valeur.

L’érection canonique de la paroisse de Sainte-Famille-du Cap-Santé a lieu en 1714. C’est alors une très vaste paroisse qui englobe la seigneurie de Portneuf et des secteurs des seigneuries de Jacques-Cartier, de Bélair, d’Auteuil, de Neuville et de Bourg-Louis. Les autorités religieuses ne tardent pas à mieux organiser la nouvelle cure et la dote, dès l’année suivante, d’une église en pierre avec toit à pentes raides recouvert de bardeaux de cèdre. Implanté au nord de l’église actuelle, le nouveau temple possède des proportions qui rappellent celles de la chapelle de Cap-de-la-Madeleine, édifiée à la même époque. Cette nouvelle église sera connue par l’appellation de « l’église des Trois-Sœurs » en souvenir des demoiselles Petit de l’Angloiserie, filles du seigneur de Portneuf, qui auraient contribué financièrement à son érection.

Église, 1716. Source : Félix GATIEN, David GOSSELIN et J.-Albert FORTIER. Histoire du Cap-Santé. 1955, p. 30. Construite en 1716 démolie en 1775

Le projet de relier Montréal à Québec par un chemin de terre éclos en 1706, mais se concrétise entre 1731 et 1737. L’arrivée du chemin du Roy à Cap-Santé s’accomplit fort probablement au cours de cette période. Son parcours étroit et irrégulier longe le fleuve et permet de relier entre elles les habitations les plus anciennes de Cap-Santé qui sont érigées dans le premier rang face au fleuve. Le chemin passe près de l’église de Cap-Santé.

Le deuxième presbytère de la paroisse Sainte-Famille est construit en 1734 et logera le curé de Cap-Santé jusqu’en 1800. Vers 1739, le Petit Bois de l’Ail, au nord du village, accueille ses premiers habitants et les développements sont si bien menés qu’en 1743, onze concessionnaires y revendiquent leur titre de propriété. Cette même année, 45 tenanciers sont recensés dans le premier rang de la baronnie de Portneuf, comparativement à six dans la concession Saint-Charles (municipalité de Portneuf). La partie du Grand Bois de l’Ail située dans Neuville commence à peine à se développer.

Ces nombreuses mises en valeur marquent le début d’un déboisement intensif du nord de la seigneurie, mettant à la disposition des cultivateurs un nombre grandissant de terres cultivables permettant la culture du blé qui sera très en demande jusque dans les premières décennies du 19e siècle. Le blé devient la première culture à Cap-Santé, bien avant celle de l’orge, des pois et des pommes de terre.

Quelques 577 habitants sont disséminés sur le territoire de la baronnie en 1749. Les voyageurs qui traversent le secteur, par voie d’eau ou voie de terre, trouvent chez les habitants et les cabaretiers, un lieu de restauration et de repos. Si la majorité de la population vit essentiellement de la culture de la terre, certains artisans et même un maître d’école, vivent alors dans la paroisse.

Dès l’entrée en fonction du curé Fillion dans la paroisse de Sainte-Famille en 1752, il remarque que l’église est trop petite, mal construite et mal implantée par rapport au terrain. Depuis des années d’ailleurs, la bâtisse quémande des réparations continuelles. Le nouveau curé s’occupe donc de faire construire une nouvelle et grande église en pierre dont les travaux sont entrepris en 1754. Le chantier est retardé par la guerre contre les Anglais lorsque les matériaux de construction de l’église sont réquisitionnés pour permettre l’édification du fort Jacques-Cartier. À la fin du conflit, les travaux reprennent pour s’achever en 1767

Eglise Cap-Santé et presbytère construit en 1799-1800 qui ressemble beaucoup au presbytère de Deschambault.

Source : Louise VOYER. Presbytère de Cap-Santé, comté de Portneuf. 1982, s.p

.Le fort Jacques-Cartier, dont il ne reste que quelques vestiges archéologiques, avait été construit à un endroit stratégique, à la jonction de la rivière Jacques-Cartier et du fleuve, sur un cap schisteux faisant partie du territoire de la paroisse de Cap-Santé. En 1759, suite à la prise de Québec par les Anglais, l’armée française s’y est temporairement retirée jusqu’à la capitulation de la France. La maison qui se trouvait à proximité du fort fut notamment occupée par l’armée française à cette époque.

Le développement du secteur de Cap-Santé se poursuit à la fin du 18e siècle. En 1789 débute la colonisation du rang Saint-François, alors qu’en 1794, c’est au tour du rang Terrebonne d’être loti et divisé en concessions. En 1797, l’établissement d’une côte conduisant à la grève de Cap-Santé facilite le commerce du bois et les échanges commerciaux. Deux ans plus tard, un troisième presbytère vient remplacer la structure précédente que l’on recycle en salle des habitants et de réunion.

Jusqu’à la Conquête, l’agriculture est prédominante et l’industrie du bois demeure encore marginale. Avec l’essor de cette industrie au début du 19e siècle, de nombreux moulins à scie s’installent sur le territoire. Dans les années 1820, la forêt du nord et du nord-ouest de la paroisse est exploitée pour fabriquer différentes pièces de bois exportées sur les marchés de Québec et internationaux

Progressivement au 19e siècle, les artisans et commerçants deviennent de plus en plus importants à Cap-Santé. En 1831 existent une tannerie et une tonnellerie, en bas de la vieille côte, au début de l’Anse. Plusieurs pilotes brevetés et des membres des professions libérales élisent domicile dans le village. Mais les agriculteurs, toujours dominants dans l’économie locale, continuent leur avancée dans le nord de la paroisse. Vers 1814, le rang Saint-Georges est ainsi colonisé.

De nouvelles institutions sont fondées sur le territoire de l’actuelle municipalité de Cap-Santé dont plusieurs écoles, un premier bureau de poste en 1832, un bureau d’enregistrement dans les années 1840, le tout intégré dans la nouvelle municipalité de paroisse de Cap-Santé créée en 1845. Un dernier presbytère est construit en 1849 sur le site de celui de 1734, juste à côté de celui de 1799.

École de Jacques-Cartier.

Source Bureau de poste de CapSanté. Source : Madeleine BOURQUE et al. La vie du CapSanté, livre souvenir, 300e, 1679-1979. 1978, p. 117.

La deuxième tranche du 19e siècle se montre assez prospère pour Cap-Santé. L’ouverture de nouveaux marchés redevable à l’essor des villes et l’accroissement de la population permet l’écoulement de la production agricole et forestière. Avec l’intensification de l’élevage et de l’industrie laitière, les beurreries et crèmeries familiales éparpillées aux différents coins de la paroisse deviennent importantes pour les cultivateurs qui vont y vendre et faire transformer leur lait. Une beurrerie est notamment construite en 1888 sur la côte de l’Église.

Dans un tel contexte d’effervescence, le quai de CapSanté est achalandé. Il possède un entrepôt pour les denrées et est régulièrement visité par des goélettes dès la fonte des glaces.

Avec le passage de la route 138 et de l’utilisation grandissante de la voiture, de nombreux hôtels et motels apparaîtront un peu partout le long de la route nationale et intensifieront le tourisme à Cap-Santé. Plus démocratisé cette fois-ci, le tourisme des années 1930 à 1960 permet de loger les vacanciers selon tous les budgets. À Cap-Santé, on retrouve notamment le Cap-Santé Inn, le Grand Central, le Grey House, l’Auberge de l’Étang et le Manoir Cap-Santé. Auberde L’étang.

Source BANQ

La place de l’église est le lieu central de rencontre et d’échange. Les grands événements de la Ville se tient dans cet emplacement, dont la messe pontificale du 27 et 28 juillet 1924

Déjà au 19e siècle, Cap-Santé est reconnu comme un lieu de villégiature. Fort prisé par la bourgeoisie de la ville de Québec, certains membres de cette classe de privilégiés se font construire de belles résidences d’été en bordure du chemin du Roy.

Au tournant du 20e siècle, l’arrivée du chemin fer du Canadien National dont l’importance sera supplantée par le transport par camion, la disparition des ponts de glace sur le fleuve à la suite de l’ouverture de la voie maritime en hiver, la relocalisation des activités commerciales et industrielles dans les grands centres et le contournement de l’achalandage automobile sur l’autoroute 40 contribuent au ralentissement du développement économique local.

Quelques éléments du patrImoIne bâtI de Cap-Santé Avec 63 bâtiments inventoriés, la municipalité de CapSanté est bien représentée dans l’inventaire. Les maisons les plus anciennes du centre de la MRC de Portneuf y ont été repérées. Elles se concentrent principalement le long de l’ancien tracé du chemin du Roy (route 138, Vieux Chemin, rue du Roy).

Site Manoir-Allsopp comprenant la maison construite vers 1750.

Le noyau institutionnel de Cap-Santé est particulièrement riche en patrimoine et très intéressant au niveau visuel. Le cimetière qui domine le fleuve peut être considéré comme un véritable parc boisé. L’ensemble comprend aussi l’église de Sainte-Famille classé monument historique depuis les années 1980, un presbytère datant de 1849 dessiné selon les plans de l’architecte Charles Baillairgé, un ancien puits, un monument du Sacré-Cœur et une fontaine aménagée en 1918.

Les ensembles de maisons les plus intéressants, mais aussi les plus anciens, sont localisés en bordure du Vieux Chemin et de la rue du Roy. Bien qu’ils intègrent une diversité architecturale, mais la maison traditionnelle québécoise et la maison de transition dominent largement.

Vous avez plus d’informations et d’images sous le format PDF

Capsule  # 0-S (20 pages) Format PDF: - Cap-Santé

Les capsules # 00 sont de l'information portant le mot Matte, les capsules # 0 sont d'information générale servant à compléter les capsules identifiées # -1 (Charles) ou # 1 (Nicolas et Madeleine)  ou # 2 (les enfants), etc., qui correspondent aux lignées des ancêtres Matte. 

Cap-Santé

Cap-Santé est une ville du Québec (Canada), le chef-lieu de la MRC de Portneuf, dans la région de la Capitale-Nationale. Elle fait partie de l'Association des plus beaux villages du Québec, avec une superficie de 55 km carré. Cette localité qui surplombe le Saint-Laurent sur la rive nord, est située sur le Chemin du Roy entre Québec et Trois-Rivières, à une quarantaine de kilomètres de Québec.

Le nom de Cap-Santé est apparu pour la première fois en 1679, dans le nom de la paroisse de La Sainte-Famille-du-Cap-Santé. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ce nom inhabituel. Il semble, selon la Commission de toponymie du Québec, qu'il faille associer ce nom à l'ancien français santeif ou santif, ce qui se traduirait donc par cap sain. En fait, c'est Cap de la sente. Sente qui, en vieux français, signifie un chemin de traverse. Le chenail naturel du fleuve St-Laurent traverse du sud au nord à la hauteur de Cap-Santé. Les bateaux qui remontaient le fleuve devaient donc traverser du sud au nord par cette sente.

Celle-ci devint par la suite la municipalité de la paroisse de Sainte-Famille (1855), puis la municipalité de Cap-Santé (1979) et enfin la ville de Cap-Santé (2000).

L'église actuelle a été construite entre les années 1754-1773. Les travaux ont toutefois été interrompus pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763). C'est une des dernières églises érigées sous le régime français. L'église révèle une architecture unique avec sa façade monumentale ornée de trois niches et ses deux tours surmontées de clochers, une décoration intérieure réalisée entre 1859 et 1861 par le sculpteur Raphaël Giroux et le maître-plâtrier François Blouin et un retable de forme trapézoïdale. Elle abrite de plus des tableaux d'Antoine Plamondon et de Joseph Légaré. Cette église a été classée monument historique en 1986 par le ministère des Affaires culturelles du Québec.

Le presbytère, bâti en 1849 d'après les plans de l'architecte Charles Baillargé avec ses fenêtres dormantes, est également imposant. Un cimetière entoure le paysage qui s'étend vers le bas jusqu'au fleuve Saint-Laurent.

En 1759, lors de la guerre de Sept ans, le chevalier de Lévis fait construire à cet endroit le fort Jacques-Cartier et c’est depuis ce fort qu’en 1760, Lévis tentera de reprendre Québec. Aujourd’hui, il ne reste plus grand-chose de ce fort.

La ville de Cap-Santé a accueilli deux personnes célèbres de l’histoire du Québec: Madame Marie Fitzbach, la fondatrice de la Congrégation des Sœurs du Bon Pasteur vécut à Cap-Santé au XIXe siècle, ainsi que Monsieur Gérard Morisset, architecte et historien d’art

Cap-Santé sera le premier coin de la région à être colonisée par les Matte. En remontant le sentier (actuellement la 365) et franchissant la Rivière Jacques Cartier au niveau du Gué (aujourd’hui pont Déry), ils déchiffreront les terres du rang appelé maintenant Bois de L’Ail, surnommé au début du 18e siècle, le rang des Matte.

Brève Histoire de Cap-Santé

Le territoire de Cap-Santé, tel qu’on le connait actuellement, est en fait constitué de plusieurs seigneuries concédées aux 17e et 18e siècles. La plus importante partie de son territoire faisait essentiellement partie de la seigneurie de Portneuf, alors que les terres du Grand Bois de l’Ail étaient rattachées à la seigneurie Bélair des Écureuils. Par ailleurs, une grande partie des seigneuries d’Auteuil et du Bourg-Louis est comprise dans ses limites.

L’histoire de la municipalité de Cap-Santé est donc intrinsèquement liée à celle de la seigneurie de Portneuf à laquelle elle est rattachée depuis l’octroi de cette dernière à Jacques Leneuf de la Poterie en 1636 (officialisé en 1647). Comme nous l’avons vu dans la synthèse historique de Portneuf, le domaine seigneurial est installé en bordure de la rive est de la rivière Portneuf et les établissements dans cette portion ne sont définitivement amorcés qu’entre la fin des années 1660 et le début des années 1670. Les premiers résidents de l’est de la seigneurie élisent domicile à proximité de l’anse de Cap-Santé à partir des années 1670-1680. Robert Germain et Mathurin Morisset font partie de ces premiers colons.

En 1679, les registres de la future paroisse de la SainteFamille-du-Cap-Santé sont ouverts avec le baptême de Pierre Catalan célébré dans la chapelle du domaine seigneurial. Cette naissance est la première à être enregistrée sur le territoire de la seigneurie de Portneuf. Entre 1680 et 1709, l’est de la seigneurie se développe plus rapidement que l’ouest et le secteur du domaine seigneurial. Puisque les habitants sont plus nombreux dans l’est, une nouvelle chapelle-presbytère est édifiée à proximité de la plus grande concentration humaine, sur un terrain donné par Louis Motard, dans la côte du Cap-Santé ou du Cap-de-la-Sainte-Famille. CharlesJeanBaptiste Rageot-Morin, le premier missionnaire résident, y emménage. Le cimetière qui la jouxte accueille une première sépulture en 1711.Vers 1712, le seigneur Jean-Baptiste Toupin Du Sault, le seigneur des Écureuils, fait construire un moulin à farine dans le bas du Grand Bois de l’Ail qui ait lors partie de sa seigneurie. C’est notamment au cours de cette période que cette portion de territoire commence à être mise en valeur.

L’érection canonique de la paroisse de Sainte-Famille-du Cap-Santé a lieu en 1714. C’est alors une très vaste paroisse qui englobe la seigneurie de Portneuf et des secteurs des seigneuries de Jacques-Cartier, de Bélair, d’Auteuil, de Neuville et de Bourg-Louis. Les autorités religieuses ne tardent pas à mieux organiser la nouvelle cure et la dote, dès l’année suivante, d’une église en pierre avec toit à pentes raides recouvert de bardeaux de cèdre. Implanté au nord de l’église actuelle, le nouveau temple possède des proportions qui rappellent celles de la chapelle de Cap-de-la-Madeleine, édifiée à la même époque. Cette nouvelle église sera connue par l’appellation de « l’église des Trois-Sœurs » en souvenir des demoiselles Petit de l’Angloiserie, filles du seigneur de Portneuf, qui auraient contribué financièrement à son érection.

Église, 1716. Source : Félix GATIEN, David GOSSELIN et J.-Albert FORTIER. Histoire du Cap-Santé. 1955, p. 30. Construite en 1716 démolie en 1775

Le projet de relier Montréal à Québec par un chemin de terre éclos en 1706, mais se concrétise entre 1731 et 1737. L’arrivée du chemin du Roy à Cap-Santé s’accomplit fort probablement au cours de cette période. Son parcours étroit et irrégulier longe le fleuve et permet de relier entre elles les habitations les plus anciennes de Cap-Santé qui sont érigées dans le premier rang face au fleuve. Le chemin passe près de l’église de Cap-Santé.

Le deuxième presbytère de la paroisse Sainte-Famille est construit en 1734 et logera le curé de Cap-Santé jusqu’en 1800. Vers 1739, le Petit Bois de l’Ail, au nord du village, accueille ses premiers habitants et les développements sont si bien menés qu’en 1743, onze concessionnaires y revendiquent leur titre de propriété. Cette même année, 45 tenanciers sont recensés dans le premier rang de la baronnie de Portneuf, comparativement à six dans la concession Saint-Charles (municipalité de Portneuf). La partie du Grand Bois de l’Ail située dans Neuville commence à peine à se développer.

Ces nombreuses mises en valeur marquent le début d’un déboisement intensif du nord de la seigneurie, mettant à la disposition des cultivateurs un nombre grandissant de terres cultivables permettant la culture du blé qui sera très en demande jusque dans les premières décennies du 19e siècle. Le blé devient la première culture à Cap-Santé, bien avant celle de l’orge, des pois et des pommes de terre.

Quelques 577 habitants sont disséminés sur le territoire de la baronnie en 1749. Les voyageurs qui traversent le secteur, par voie d’eau ou voie de terre, trouvent chez les habitants et les cabaretiers, un lieu de restauration et de repos. Si la majorité de la population vit essentiellement de la culture de la terre, certains artisans et même un maître d’école, vivent alors dans la paroisse.

Dès l’entrée en fonction du curé Fillion dans la paroisse de Sainte-Famille en 1752, il remarque que l’église est trop petite, mal construite et mal implantée par rapport au terrain. Depuis des années d’ailleurs, la bâtisse quémande des réparations continuelles. Le nouveau curé s’occupe donc de faire construire une nouvelle et grande église en pierre dont les travaux sont entrepris en 1754. Le chantier est retardé par la guerre contre les Anglais lorsque les matériaux de construction de l’église sont réquisitionnés pour permettre l’édification du fort Jacques-Cartier. À la fin du conflit, les travaux reprennent pour s’achever en 1767

Eglise Cap-Santé et presbytère construit en 1799-1800 qui ressemble beaucoup au presbytère de Deschambault.

Source : Louise VOYER. Presbytère de Cap-Santé, comté de Portneuf. 1982, s.p

.Le fort Jacques-Cartier, dont il ne reste que quelques vestiges archéologiques, avait été construit à un endroit stratégique, à la jonction de la rivière Jacques-Cartier et du fleuve, sur un cap schisteux faisant partie du territoire de la paroisse de Cap-Santé. En 1759, suite à la prise de Québec par les Anglais, l’armée française s’y est temporairement retirée jusqu’à la capitulation de la France. La maison qui se trouvait à proximité du fort fut notamment occupée par l’armée française à cette époque.

Le développement du secteur de Cap-Santé se poursuit à la fin du 18e siècle. En 1789 débute la colonisation du rang Saint-François, alors qu’en 1794, c’est au tour du rang Terrebonne d’être loti et divisé en concessions. En 1797, l’établissement d’une côte conduisant à la grève de Cap-Santé facilite le commerce du bois et les échanges commerciaux. Deux ans plus tard, un troisième presbytère vient remplacer la structure précédente que l’on recycle en salle des habitants et de réunion.

Jusqu’à la Conquête, l’agriculture est prédominante et l’industrie du bois demeure encore marginale. Avec l’essor de cette industrie au début du 19e siècle, de nombreux moulins à scie s’installent sur le territoire. Dans les années 1820, la forêt du nord et du nord-ouest de la paroisse est exploitée pour fabriquer différentes pièces de bois exportées sur les marchés de Québec et internationaux

Progressivement au 19e siècle, les artisans et commerçants deviennent de plus en plus importants à Cap-Santé. En 1831 existent une tannerie et une tonnellerie, en bas de la vieille côte, au début de l’Anse. Plusieurs pilotes brevetés et des membres des professions libérales élisent domicile dans le village. Mais les agriculteurs, toujours dominants dans l’économie locale, continuent leur avancée dans le nord de la paroisse. Vers 1814, le rang Saint-Georges est ainsi colonisé.

De nouvelles institutions sont fondées sur le territoire de l’actuelle municipalité de Cap-Santé dont plusieurs écoles, un premier bureau de poste en 1832, un bureau d’enregistrement dans les années 1840, le tout intégré dans la nouvelle municipalité de paroisse de Cap-Santé créée en 1845. Un dernier presbytère est construit en 1849 sur le site de celui de 1734, juste à côté de celui de 1799.

École de Jacques-Cartier.

Source Bureau de poste de CapSanté. Source : Madeleine BOURQUE et al. La vie du CapSanté, livre souvenir, 300e, 1679-1979. 1978, p. 117.

La deuxième tranche du 19e siècle se montre assez prospère pour Cap-Santé. L’ouverture de nouveaux marchés redevable à l’essor des villes et l’accroissement de la population permet l’écoulement de la production agricole et forestière. Avec l’intensification de l’élevage et de l’industrie laitière, les beurreries et crèmeries familiales éparpillées aux différents coins de la paroisse deviennent importantes pour les cultivateurs qui vont y vendre et faire transformer leur lait. Une beurrerie est notamment construite en 1888 sur la côte de l’Église.

Dans un tel contexte d’effervescence, le quai de CapSanté est achalandé. Il possède un entrepôt pour les denrées et est régulièrement visité par des goélettes dès la fonte des glaces.

Avec le passage de la route 138 et de l’utilisation grandissante de la voiture, de nombreux hôtels et motels apparaîtront un peu partout le long de la route nationale et intensifieront le tourisme à Cap-Santé. Plus démocratisé cette fois-ci, le tourisme des années 1930 à 1960 permet de loger les vacanciers selon tous les budgets. À Cap-Santé, on retrouve notamment le Cap-Santé Inn, le Grand Central, le Grey House, l’Auberge de l’Étang et le Manoir Cap-Santé. Auberde L’étang.

Source BANQ

La place de l’église est le lieu central de rencontre et d’échange. Les grands événements de la Ville se tient dans cet emplacement, dont la messe pontificale du 27 et 28 juillet 1924

Déjà au 19e siècle, Cap-Santé est reconnu comme un lieu de villégiature. Fort prisé par la bourgeoisie de la ville de Québec, certains membres de cette classe de privilégiés se font construire de belles résidences d’été en bordure du chemin du Roy.

Au tournant du 20e siècle, l’arrivée du chemin fer du Canadien National dont l’importance sera supplantée par le transport par camion, la disparition des ponts de glace sur le fleuve à la suite de l’ouverture de la voie maritime en hiver, la relocalisation des activités commerciales et industrielles dans les grands centres et le contournement de l’achalandage automobile sur l’autoroute 40 contribuent au ralentissement du développement économique local.

Quelques éléments du patrImoIne bâtI de Cap-Santé Avec 63 bâtiments inventoriés, la municipalité de CapSanté est bien représentée dans l’inventaire. Les maisons les plus anciennes du centre de la MRC de Portneuf y ont été repérées. Elles se concentrent principalement le long de l’ancien tracé du chemin du Roy (route 138, Vieux Chemin, rue du Roy).

Site Manoir-Allsopp comprenant la maison construite vers 1750.

Le noyau institutionnel de Cap-Santé est particulièrement riche en patrimoine et très intéressant au niveau visuel. Le cimetière qui domine le fleuve peut être considéré comme un véritable parc boisé. L’ensemble comprend aussi l’église de Sainte-Famille classé monument historique depuis les années 1980, un presbytère datant de 1849 dessiné selon les plans de l’architecte Charles Baillairgé, un ancien puits, un monument du Sacré-Cœur et une fontaine aménagée en 1918.

Les ensembles de maisons les plus intéressants, mais aussi les plus anciens, sont localisés en bordure du Vieux Chemin et de la rue du Roy. Bien qu’ils intègrent une diversité architecturale, mais la maison traditionnelle québécoise et la maison de transition dominent largement.

Vous avez plus d’informations et d’images sous le format PDF

Capsule  # 0-S (20 pages) Format PDF: - Cap-Santé

Les capsules # 00 sont de l'information portant le mot Matte, les capsules # 0 sont d'information générale servant à compléter les capsules identifiées # -1 (Charles) ou # 1 (Nicolas et Madeleine)  ou # 2 (les enfants), etc., qui correspondent aux lignées des ancêtres Matte. 

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Publié le 2018/01/02 02:90   | Tous les billets | Prévisualiser...   Imprimer...   | Haut
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